La fondation
(1792-1820)

Origine de Pierre Coudrin, co-fondateur

       Nous sommes en 1792. La France est secouée par la Révolution et l’Assemblée Constituante a voté la « Constitution civile du clergé » obligeant le clergé, sous peine d’exil, à prêter le serment de loyauté à la constitution. Pierre Coudrin, un jeune prêtre originaire de Coussay-les-Bois (Haut Poitou), ordonné prêtre en secret à Paris par un évêque resté en communion avec le Pape, revient sur sa terre natale, mais il doit aussitôt passer dans la clandestinité pour échapper aux autorités civiles.

La vision

       D’abord caché durant 5 mois dans le grenier de la ferme d’un château, où il aura une vision lui faisant prendre conscience de la mission qui se présentera à lui dans l’avenir – mettre en œuvre une nouvelle communauté de missionnaires, constituée d’hommes et de femmes – il quitte sa cachette et se met à déployer une intense activité apostolique au cours de laquelle il montre une grande audace et une profonde confiance dans la Providence, deux traits distinctifs de sa personnalité. On le surnommera le “Maquisard de Dieu”.

Rencontre avec Henriette Aymer, co-fondatrice

       À Noël de l’année 1800, Pierre Coudrin et Henriette Aymer s’engagent par leurs vœux perpétuels “à vivre et à mourir au service des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie”. La jeune Congrégation manifeste dans tout ce qu’elle entreprend une préférence marquée pour les pauvres. En 1805, sa Maison-Mère est transférée à Paris, rue de Picpus (12ème), près du cimetière historique des victimes de la Terreur. De là, l’appellation courante de “pères ou frères et soeurs de Picpus” ou “picpuciens”. Une école gratuite y est ouverte pour les enfants pauvres du quartier.

La fondation

       Bientôt son ardeur apostolique entraîne dans son sillage des jeunes qui veulent aussi donner leur vie pour l’Evangile. Parmi eux, Henriette Aymer de la Chevalerie, une jeune fille de la noblesse poitevine convertie lors d’un séjour dans les prisons de la Terreur. Vers 1794-1795, au sein d’une communauté laïque, clandestine, l’Association du Sacré-Cœur, un embryon de communauté prend forme, autour de Pierre Coudrin et de Henriette Aymer. Saisis par la bonté d’un “Dieu riche en miséricorde” (Ep 2,4) qui “les conduit comme par la main” et par les souffrances d’une société où beaucoup ignorent cet Amour incarné dans le Cœur du Christ, ils ont la conviction que, seule, Sa puissance peut guérir et reconstruire un monde déchiré.

Reconnaissance officielle et expansion

       Le 17 novembre 1817, le pape Pie VII reconnaît officiellement la nouvelle congrégation, ce qui contribue à son expansion et à sa croissance. L’apostolat des communautés de frères et de sœurs se concentre sur la formation, en écoles et en séminaires. En 1820, la congrégation compte près de 150 frères, dont 92 prêtres, et plus de 500 sœurs, répartis dans une douzaine de communautés à travers toute la France.