Transition vers une nouvelle période
(1920 - présent)

Poursuite de l’expansion

     Durant la 1e Guerre mondiale, les Sœurs et les Frères furent très appréciés en France pour le travail qu’ils firent dans les hôpitaux et pour les services qu’ils rendirent sur le front. Dans ce contexte favorable, l’après-guerre fut de nouveau une période de croissance pour la Congrégation. Pour les Frères vinrent s’ajouter des provinces d’Allemagne (1920), d’Espagne (1923) et des Pays-Bas (1923), ainsi que nouvelles implantations : en Norvège (1920), au Brésil (1925), en Argentine (1929), au Portugal (1931), en Autriche (1932) et en Equateur (1948). Le cap fut mis ensuite sur l’Asie (Indes néerlandaises en 1924, Ile chinoise de Hainan en 1923 et envoi de missionnaires au Japon en 1948 et à Singapour en 1957) puis sur l’Afrique (Congo en 1930, Mozambique en 1956). Quant aux Soeurs, elles s’établirent au Canada (1928) et en Argentine (1935).

Vers une réforme en écho au contexte

     Pendant les années 50, on se rendit compte de plus en plus que notre héritage spirituel devait être reformulé dans un nouveau cadre théologique, biblique et historique. Ce furent surtout les changements radicaux introduits par Vatican II qui forcèrent à rechercher de toutes nouvelles voies pour penser le sens du travail missionnaire, en tenant compte de l’évolution du rapport aux jeunes Eglises (autrefois terres de mission) et du dialogue interreligieux. Nous avons notamment mis l’accent sur l’effort d’inculturation à mener et sur une certaine réciprocité dans la relation avec les pauvres : nous les évangélisons et ils nous évangélisent.

Une mission davantage centrée sur l’apostolat

     Alors que les Constitutions prévoyaient initialement une répartition de la mission entre les deux branches (les frères étaient chargés de l’évangélisation, les soeurs de la prière et de l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement), dans le sillage du Concile les soeurs décidèrent de s’adonner à l’évangélisation comme les frères et d’élargir leur champ d’apostolat missionnaire. Par ailleurs, les Frères sont passés d’un modèle de vie quasiment monastique à partir duquel était pensé l’apostolat, à un modèle où c’est en fonction des nécessités de l’apostolat que doit être organisée la vie commune.

D’une Congrégation strictement missionnaire à une Congrégation apostolique

      De Congrégation quasiment missionnaire au sens strict, où tout l’apostolat était orienté vers l’extérieur, nous sommes devenus, du moins les Frères, une Congrégation apostolique où le travail pastoral dans le pays d’origine prenait de plus en plus de place, que ce soit dans les collèges, l’intronisation ou les paroisses.