Premiers voeux

Quentin Huillard

Après une année de postulat puis une année de noviciat dans la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, j’y ai prononcé mes premiers vœux le 14 octobre dernier. Mon entrée au postulat avait été pour moi une « naissance », car pour la première fois je faisais éclore au grand jour mon questionnement vocationnel, qui germait en moi depuis quelques temps.
Prononcer mes premiers vœux a été une expérience d’un autre type. Comme pour l’entrée au postulat, on change d’état de vie : si le discernement continue jusqu’aux vœux perpétuels, on passe néanmoins à une phase d’expérimentation de la vie de frère active, en combinant les études théologiques, la vie communautaire fraternelle et une activité pastorale, si modeste soit-elle. Par ailleurs l’expression publique des vœux apporte quelque chose de particulier : ils constituent une parole. Souvent, c’est la « radicalité » de l’engagement qui interpelle notre entourage. Mon regard sur ce terme a justement évolué : alors que j’y voyais un défi à relever, je vois maintenant dans la radicalité un atout pour croître sur mon chemin spirituel vers Dieu. Elle crée un espace pour Dieu immesurable par rapport à une vie dans laquelle je n’aurais pas le cadre de la communauté pour me porter. Comme tout le reste de ce qui constitue la vie religieuse, si on sait l’accueillir librement, elle est réellement un atout pour nous aider à « goûter Dieu dans le voyage de la vie » (phrase de notre fondateur, thème du dernier chapitre général).